Au bord de la crise de nerfs.

 

Non, pas moi. J’aborde cette nouvelle année sereinement. Par contre, pendant les fêtes, j’ai rendu visite à quelques amies et j’ai vu qu’elles étaient dans un état … comment dire ? Agacées,  les nerfs à vif. Tout ça à cause de leurs petits chéris, revenus passer quelques jours en famille.

Au moment des fêtes, les enfants (étudiants ou jeunes adultes) sont à la maison. Les parents, ravis, idéalisent le séjour. Ces retrouvailles feront le plus grand bien  à tout le monde, discussions, jeux et rires seront au programme.

Ce n’est pas certain.

Nous, quinquas, avons un rythme bien programmé, trop figé, sans doute !

A 25 ans, on se lève à midi, on grignote, on mange quand on a faim, souvent ce qui nous tombe sous la main. Maman prône les vertus de l’équilibre alimentaire et c’est le clash.  Le rituel des trois repas par jour, c’est bien fini. Des années d’éducation, 5 fruits et légumes par jour … oubliées.  La bonne soupe de légumes et les fruits, personne n’y touche.

C’est compliqué, ces nouvelles relations parents-enfants.

Le reproche entendu régulièrement, c’est – Ils sont là physiquement, mais leur esprit est ailleurs, toujours le nez sur les écrans !

Difficile, en effet, de proposer une partie de Scrabble à une jeune femme de 27 ans et un étudiant de 22 ans. Ils vont nous rire au nez tout en pianotant une story sur Snapchat.

Et le soir, ils partent retrouver leurs amis. Ils rentreront dans la nuit.  Pendant ce temps, les parents s’inquiètent. Le lendemain, les réflexions fusent – C’est pas un hôtel, ici !

Les enfants lèvent les yeux au ciel, claquent les portes, comme au bon vieux temps de leur adolescence.

Une de mes amies était au bord de la crise de nerfs. J’ai bien compris que le retour chez papa-maman n’était pas simple. Elle était victime d’un complot,  excédée par ces deux gosses qui n’étaient revenus que pour lui pourrir la vie.

 

Chambre en désordre

Et, elle a eu cette idée géniale,  ce test imparable. Elle a lavé et repassé le linge de ses enfants. Elle a mis la pile sur la première marche de l’escalier. Pendant trois jours, la pile n’a pas bougé. Les enfants ont pourtant gravi les marches des dizaines de fois.  La pile de linge a même grossi, ils ont ajouté quelques broutilles, des cadeaux de Noël, de petits achats.

A la fin du séjour, la pile ressemblait à la tour de Pise. Ils s’étaient servis en vêtements, sans penser une minute à monter le linge dans leur chambre … et surtout, sans aucune culpabilité.

Dans leur chambre, c’était un véritable capharnaüm. Ils accumulaient, pratiquaient l’art de l’empilement sur les chaises et l’art de l’éparpillement sur le lit.

Mon amie n’était pas loin du burn out domestique. La mâchoire serrée, elle élaborait des stratagèmes pas très élégants pour les punir, genre bloquer leur virement de janvier. C’est qui le chef !

 

 

Humour sur le désordre

Comment éviter de se pourrir la vie mutuellement ? Accepter le fait que certaines personnes n’ont pas de règles ou pas de limites, qu’elles ne sont pas plus heureuses dans un intérieur bien rangé.

Nous avons tous nos tics, nos tocs. Quand nous partons en week-end entre amis, j’ai remarqué qu’à dix heures, le matin, tous les lits sont faits. Sauf le nôtre ! Ce n’est pas une priorité pour nous. Par contre, le lavabo sale et le dentifrice pas rebouché, ça me dérange. Mais pour quelques jours de vie en communauté, je laisse couler, comme on dit !

Après Marie Kondo qui prône l’ordre, le désordre peut être sympathique et attendrissant. On dit même qu’il stimulerait la créativité et suscitant de nouvelles associations d’idées. Allez expliquer ça à mon amie qui a fini par ranger elle même la pile de linge de ses enfants, en bougonnant.

Dessin : le chat, Geluck

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20 Commentaires

  1. Sylvie, Enfin moi

    je me sens bien chanceuse avec mes enfants
    Pour nous c’est la joie et le grand bonheur quand nous sommes ensemble
    Bisous

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    • Jo

      Tu as de la chance ou plutôt, vous avez su faire évoluer la relation.
      Chez nous aussi, tout va bien. Avec les filles, nous avons quelques frictions pas bien méchantes. Nous avons des gendres très sympas et sans être toujours ensemble, nous apprécions de nous voir.
      Je vois beaucoup de familles qui critiquent les conjoints de leurs enfants, souvent parce qu’ils n’ont même pas pris le temps de mieux les connaître.
      Juger, comme ça, sur un physique, une condition sociale, on le voit trop et ça fait des relations tendues.

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  2. Visiteuse

    Hey hey, arrêtons les travers génétiques, ou alors cela saute une génération. Il existe aussi des enfants qui réprimandent leurs parents trop bordéliques.
    Mes parents étaient par exemple vachement pas des modèles côté rangement.
    Je me souviens quand j’étais ado, d’un jour où ils avaient reçu une vingtaine d’invités à une soirée ; le lendemain, tout était en l’état, table non débarrassée, verres vides errants de ci delà, enfin ! vous voyez très bien la scène, et ma mère qui dit en buvant son café et voyant ce chaos : « et si on allait en Normandie manger des fruits de mer ? Ce bazar ne bougera pas hein !» Et hop on embarquait tous, à fond et sans regarder derrière soi.

    Avec les années cela ne s’est jamais arrangé, je ne compte plus les fois quand ils partaient en vacances où j’allais faire le ménage après leur départ. On aurait dit qu’Attila était passé par là… Cela m’énervait assez, mais je rangeais pour qu’ils arrivent dans une maison accueillante.

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    • Jo

      Le monde à l’envers ! les enfants qui rangent après la fiesta des parents … Cette famille est atypique, la sœur, les parents, ça ne manque pas de fantaisie.

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  3. La Baladine

    Etant moi-même assez bordélique (mais organisée dans mon désordre), le foutoir adolescent de ma fille ne m’a jamais choquée. Ça fait maintenant un an et demi qu’elle est dans son mini studio à Paris, elle a dû apprendre à s’organiser. Quand elle revient, une à deux fois par trimestre, ça se passe bien. Elle est relax, dispo pour nous, et vice versa.
    Je crois, comme toi, que c’est avant tout une question de dialogue. Mais aussi, peut-être, faut-il abandonner l’idée que son « petit » devenu grand n’est pas forcément conforme à l’idée (idéal) qu’on s’en faisait. Et que l’essentiel n’est pas là. C’est quand même dommage de se gâcher du temps qu’on passe avec eux…
    (((moi non plus, le lit au carré dès potron-minet n’est pas ma priorité…)))

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    • Jo

      Les rapports mère-fille sont souvent plus conflictuels mais aussi plus authentiques. Toutes mes amies qui ont des fils disent qu’elles regrettent le temps où ils avaient 6, 7 ans, tellement proches de leur maman. Le petit devenu grand n’est plus dans la recherche de tendresse, il est dans la vie tout simplement. Je crois que mon amie cherche encore l’enfant de 6 ans, elle ne veut pas voir qu’ils sont adultes.

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  4. Janachète

    Coucou Jo
    Comment te dire ? Moi le désordre m’a toujours dérangé, je ne trouve pas ça reposant justement et j’ai 3 enfants et surtout l’ainée , plus que « bordéliques » .
    Alors ils sont tous partis de la maison maintenant mais ne sont pas loin et je les vois souvent, mais inutile de te dire que cohabiter aujourd’hui, je ne l’envisage même pas .
    J’ai souvent mes 2 petits loulous maintenant et même eux , je les fais ranger ou je range à leur place quand ce n’est pas fait .
    Je suis incorrigible dans ce domaine, je ne sais pas lâcher prise !
    Pourtant je suis certaine que ça doit faire du bien .
    Mais j’ai une mère qui a toujours été maniaque , moi à côté je suis une enfant de coeur, ça doit venir de là , quoique ???
    Bon we , relaxant pour moi !
    Bises ma belle !

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    • Jo

      Je sais tout à fait lâcher prise quand il y a des copains à la maison, que l’espace est envahi. Mais, en général, c’est rangé. Avec un mari Contrôleur de Gestion, chaque chose doit avoir sa place. Il est un peu maniaque, il râle parce que je ne range pas toujours au même endroit. Le pire, c’est le lave-vaisselle. Tu verrais comme il s’applique pour tout disposer dedans alors que moi je fais n’importe quoi. Les bonheurs de la vie de couple ! Bon dimanche.

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      • Visiteuse

        « Aujourd hui, comme tous les jours, j’ai débarrassé mon lave vaisselle : les verres propres, les assiettes propres, les couverts propres, et une souris, morte, mais propre ». VDM

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        • Jo

          VDM, ça rassure, on tombe toujours sur plus looseur que soi

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  5. nadine

    Oh je la comprends

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    • Jo

      Moi, non, j’ai du mal à la comprendre. Cette ‘fixette’ d’une semaine sur la pile de linge, c’est idiot. Il y avait tant de choses sympas pendant cette période, des repas entre amis, des nouveaux cadeaux à tester, du repos. Si elle s’endormait le soir en visualisant la pile de linge, je pense que ses nuits n’était pas sereines.

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  6. Matchingpoints

    comme nous avons des enfants nous aussi, nous n’allons pas ceder à la tentation en déclarant que ces enfants-là sont mal élevés… ce sont plutôt nous, les parents, qui en faisons trop ! La periode de Noël est comme la période des vacances d’été : le trop plein en tout !
    PS nous avons de la chance avec nos propres enfants très compréhensifs sur ce plan !

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    • Jo

      Je ne crois pas qu’ils soient ‘mal élevés’, ces jeunes adultes. Ils ont bien intégré les règles du savoir-vivre et se comportent très correctement chez les autres. Je crois surtout qu’ils n’ont pas du tout vu le mal être de leur maman, à cause de cette pile de linge. Mais la pile de linge, c’est peut-être une pile de rancœurs, de reproches, qu’elle n’a pas su ou pas voulu dévoiler. Bon, je ne suis pas psy, mais peut être pas si loin de cerner le malaise.

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  7. Sophie

    Oh la la je me suis reconnue dans ton billet !
    Depuis ma séparation, mes enfants ont habité chez moi . Quelques mois tous les deux, et puis ils ne se supportaient plus. Donc l’un a pris un appart en colocation. Ma fille est restée : chambre carrément une poubelle. J’ai survécu en donnant comme règle : ton foutoir reste dans ta chambre pas autre part dans l’appart. La semaine dernière, elle a déménagé pour aller aussi en colocation. J’ai un mois tranquille devant moi, car… mon fils revient !! Oui, il s’est rendu compte que l’autonomie c’était sympa mais c’était cher! Donc retour chez maman pour se refaire financièrement. Je pense qu’il craint un peu ce retour comme je le crains moi-même même si j’aime mes enfants.
    Faites des mômes !!!

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    • Jo

      Tu as des enfants boomerang, comme on dit. Ils partent et ils reviennent. il y a des tensions entre deux générations, c’est obligatoire.
      Je pense que le dialogue est important, il faut se rendre à l’évidence, ils ne vivent pas comme nous. Moi, il y a un truc qui me rendait folle, c’est la bouteille de lait ou jus orange, remise au frigo, avec 2 gouttes dedans. Tout ça, par flemme de mettre la première bouteille à la poubelle et d’aller en chercher une deuxième. C’est le truc qui pouvait me faire ‘ruminer’ contre elles toute la journée. Alors que c’est idiot, c’est un détail.

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  8. Visiteuse

    Pour cette génération X et Y décidément à des années lumières de notre formatage générationnel, j’appliquerais le fameux « encore plus de la même chose » mais dans leur espace.
    Cette pile d’effets je l’aurais mise dans leur chambre avec en plus pleins de trucs pas à eux (peut être même cette souris morte par la tapette (paix à son âme !). Ce serait marrant d’évaluer leur temps de réaction/indignation.

    Bon cela n’aurait probablement rien changé dans leur comportement d’adulescents escaladant ce mont « Foujymetout mais au moins cela n’aurait plus été dans mon champs visuel.
    Pourquoi se faire du mal quand on connaît à l’avance le résultat ? Surtout quand ce n’est que pour quelque jours ? …

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    • Jo

      Je suis bien d’accord, mon amie a passé une semaine à bougonner, les yeux fixés sur cet escalier. C’était devenu une obsession car elle m’en a parlé, dès mon arrivée. Pour la solution d’une souris morte dans la chambre, je ne suis pas sûre que ça dérange un jeune adulte, absorbé par sa vie virtuelle.
      Donc, la joie de revoir ses enfants s’est transformée en cauchemar. A sa place, j’aurais demandé un peu d’attention, expliqué ce qui me dérangeait au lieu de faire la tête. Ses gosses ont un cerveau, ils sont capables d’entendre et de comprendre. Je lui ai suggéré l’idée mais elle n’a pas suivi mon conseil et son mari est resté passif sur ce coup là.

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  9. Be ATrice

    Une fois de plus tu évoques mon vécu… à quelques différences près mais en gros c’est ça
    Bon week-end

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    • Jo

      Je pense que nous avons tous connu ça. Nos filles ne viennent plus passer quelques jours à la maison car elle habitent tout près. Par contre, quand nous partons, elles viennent faire des fêtes chez nous, c’est plus grand. Quand nous revenons, tout est propre. On cherche un peu dans les placards mais dans l’ensemble tout est correct. Mais, à l’adolescence, nous avons connu l’empilage de fringues sur les chaises, le propre, le sale, tout mélangé … On se demandait bien à quoi servaient les placards.

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