La famille idéale.

 

C’est quoi, la famille idéale, en 2017 ? C’est une structure idéalisée :  un papa, une maman, des enfants ou un schéma différent, une maman solo, une famille recomposée, un enfant unique, au moins cinq enfants,  deux papas, deux mamans.

Autour de nous, les couples trentenaires ont leur premier enfant. Un an après, la maman, claquée,  s’entend dire :

Et le deuxième, c’est pour quand ?

Avec tous les arguments qui vont avec. Un enfant unique est égoïste, on le surprotège, on lui met la pression. Il est trop gâté et en plus, il va s’ennuyer.

Il est vrai que l’enfant unique a mauvaise réputation. Mais il n’est pas prouvé que multiplier  les enfants multiplie le bonheur !  En revanche, cela augmente l’épuisement, c’est certain.

Je suis fille unique et je n’ai pas l’impression d’être différente des autres. Bien sûr, enfant, je rêvais d’avoir des frères et des sœurs car j’idéalisais les liens d’une fratrie. Je pensais que tout était harmonie et confiance. Je ne savais pas que les règlements de compte, les fourberies et la traîtrise viennent parfois se glisser dans les relations.

Nous avons compris ce qu’étaient des relations conflictuelles en regardant grandir nos deux filles. Elles avaient 4 ans de différence et se chamaillaient sans arrêt. Elles ne partageaient rien, ni joies, ni peines.  Seules, quelques émotions anodines restent dans leurs souvenirs.

Elles avaient des attitudes égoïstes et capricieuses de deux filles uniques, ensemble.

En fait, elles traçaient leur route sans se soucier l’une de l’autre. Nous n’avons jamais réussi à créer une harmonie, nous n’avons pas trouvé la méthode miracle.  La seule chose que nous entendions, c’était des disputes.

La solution : chacune avait son petit groupe d’amis afin d’expérimenter enfin la complicité !

Et que devient la relation fraternelle, à l’âge adulte ?

Pour les jumeaux, c’est un lien fusionnel, un attachement tout au long de la vie. Pour les autres, souvent,  le lien indéfectible s’étiole, chacun part de son côté. Ils sont rares ceux qui maintiennent un solide contact.

Seules, quelques fêtes de famille sont prétexte à recréer des rapports tout au plus cordiaux … ou pas !

De temps en temps, on entend ce genre de phrase :

Toi, de toute façon, tu as toujours été le chouchou !

L’hostilité, les manques, les rivalités restent tapies dans l’ombre et laissent des cicatrices. Adulte, on se jauge, on se compare, sur l’échelle sociale notamment et on continue à se faire du mal. Au moment des héritages, on voit des familles se déchirer pour un album photo, un vase, une voiture …

Dans la religion, la mythologie, les romans, les histoires de frères et sœurs ne sont que rivalités et règlements de compte, comme dans la vie, en somme.

Chez nous, la relation a évolué dans le bon sens. Pour nos deux filles, tout s’est arrangé. Le déclic s’est produit à la fin de l’adolescence. Pourquoi ? Comment ? Nous n’avons pas la réponse mais ça fait plaisir de les voir passer du temps ensemble.

Avec le recul, je pense qu’être fille unique forge le caractère. On doit, très tôt, assumer ses bêtises et ses choix. Impossible de se défiler, de dire – C’est pas moi, c’est lui ! en montrant son frère. On ne perd pas son temps en jalousie, rancœurs et autres sentiments négatifs.

Mais l’enfance peut paraître fade sans ces sentiments compliqués qui peuvent aller de l’amour à la haine. Les journées sont longues sans chamailleries, bagarres et autres coups bas. On n’a pas le modèle du grand frère ou de la grande sœur, il faut chercher ailleurs. On ne connaît pas la joie du bébé qui arrive comme un cadeau dans le foyer.

Enfant unique ou fratrie, de toute façon, on ne choisit pas, on fait avec, comme on peut.

 

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27 Commentaires

  1. Valerie

    Top ton article ! Et les commentaires de chacune ! Ce n’est pas le nombre d’enfants qui fait la famille idéale mais simplement réussir à ce que chacun trouve sa place en respectant l’autre et en l’aimant ! Ayant mon Homme et moi des familles assez divisées, nous essayons de réussir la Notre ! Et même si nous avons des caractères forts et différents , nous avons réussi à avoir un bel Esprit de famille dont Nous sommes fiers car les enfants le veulent vraiment !
    Bizzz

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    • Jo

      Tu as raison, je vois aussi beaucoup de familles qui se déchirent et ça encourage à ne pas reproduire ces erreurs.
      Chez nous aussi, bel esprit de famille, pourvu que ça dure.

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  2. chiffonsandco

    comme tu dis, on ne choisit pas forcément, je n’ai qu’un seul enfant, mais j’aurais bien voulu en avoir deux! Mon fils est donc un enfant unique, mais nous l’avons toujours entouré de ses amis, faute d’avoir un frère ou une soeur ! Mais comme tu dis, avoir des frères et soeurs, ça n’est pas toujours le bonheur et j’en sais quelque chose!

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    • Jo

      Si l’enfant unique a la possibilité de voir ses amis, il va s’épanouir sans problème. Nos deux filles ne s’entendaient pas du tout et nous avons fait en sorte qu’elles voient souvent leurs amies. Pour moi, c’était plus compliqué, j’avais les contacts à l’école et heureusement, pendant les vacances, je voyais les ‘parisiens’ qui venaient chez leurs grands parents. J’ai encore une amie, rencontrée à cette époque.

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  3. Tania Martin

    Il n’esiste aucune famille idéale .
    Ma soeur et moi avons 11 mois de différence , nous avons étécomme des soeurs jumelles , très attachées l’une à l’autre . A l’âge adulte , nous avons toujours ce lien , mais il est beaucoup moins important , nous sommes si différentes . Nous nous voyons tout de même régulièrement lors de repas de famille.?
    Et j’ai deux filles , deux ans et demi les séparent , elles ont passé leur enfance à s’amuser ensemble mais à se disputer aussi , bien évidemment . Je suis ravie qu’à l’âge adulte , elles se retrouvent ( sans moi , ça me vexait un peu au début #Mamanpossessive) pour faire du shopping , pour manger ensemble , et s’appellent souvent . Je trouve ça bien . Et puis , j’organise au moins une fois far semaine un repas de famille auquel tout le monde vient , avec plaisir je crois. Voilà , on fait ce qu’on peut , pourvu que ça dure .

    Merci pour cet article qui porte à réflexion

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    • Jo

      Je crois que les conjoints y sont pour beaucoup dans le maintien du lien. Comme nous avons des filles, il y a de fortes chances qu’elles restent proches de nous.
      Pour mes amies qui ont des garçons, c’est un peu différent. Souvent, les belles-filles font barrage et ne supportent pas, par exemple, que leur mari accepte un déjeuner hebdomadaire avec maman.
      Les garçons ont souvent ce choix cruel à faire : ma femme ou ma mère.

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  4. Visiteuse

    Et bien moi, je me suis battue au sens propre pour ma sœur.
    J’avais 6 ans et elle venait juste de naître.
    C’était avec une copine, elle avait un joli carnet et elle me dit : « j’ai un carnet et je vais écrire le prénom de ta sœur dessus. A ce moment là, alors que j’étais une enfant calme, introvertie et transparente, j’ai vu noir et la colère me submerge: « Non! c’est moi qui l’écris parce que c’est Ma sœur » elle de me répondre que c’était Son carnet.
    Du coup je lui empoigne les cheveux, elle aussi, on grimpe debout sur le lit et on se griffe, on se mord, on se scalpe.
    Pas joli, joli, mes parents ont eu du mal à nous démêler.
    Malgré cet épisode de violence rare, 45 ans après on est toujours amies et en évoquant parfois ce souvenir, on en rigole encore.

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    • Jo

      C’est mignon, à 6 ans, d’agiter ses petits poings pour sa sœur.
      C’est resté un souvenir amusant et les bleus se sont effacés.
      Et la relations entre sœurs, c’était comment par la suite ?

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    • Jo

      idéale, je ne suis pas certaine, atypique oui, sans aucun doute

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  5. Matchingpoints

    Et non, on ne choisit pas sa famille …
    Être enfant unique a ses avantages, pas besoin de lutter pour capter l’attention, pas de souffrance de jalousie etc. Mais avoir des frères et sœurs, cela forge le caractère parce que l’on apprend que l’on n’est pas seul au monde. Et ce sont des moments de partage.
    Justement, vos filles se retrouvent avec plaisir. Nos enfants aussi sont restés très proches (il y a eu aussi de disputes pendant leur enfance, parfois c’était pénible …) Mais quelle satisfaction de les voir ensemble, si souvent, malgré les distances, les coups de fil fréquents. Et quel plaisir pour les cousins et cousines lors des réunions de famille.
    Il n’y a pas de modèle parfait, chacun s’adapte !

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    • Jo

      Oui, quel soulagement de voir que nos filles s’entendent bien maintenant. Mais quel temps perdu en chamailleries, jalousie ou indifférence pendant 15 ans au moins.

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  6. Janachète

    Moi même j’ai une soeur mais même si jamais de conflit pas de complicité non plus.
    Mes 3 enfants qui se battaient comme des lions petits ont une grande complicité aujourd’hui même s’ils ne sont pas toujours ensemble. Et ça me ravit ! J’espère que cela durera toujours. Mon mari qui est fils unique regrette encore de ne pas avoir un frère.
    Donc je crois qu’il n’y a pas de règles.
    Belle soirée Jo.
    Bises !

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    • Jo

      Voilà qui me rassure, nous n’étions pas les seuls à avoir des enfants qui ne se supportent pas.
      Bien sûr, quand on est enfant unique, on rêve d’avoir un frère ou une sœur, mais on l’idéalise, on pense qu’il serait parfait, attentionné et tellement proche de nous. La réalité est souvent loin de ça. Bon week end.

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  7. monneron florence

    même chose avec mesdeux enfants(garçon/fille) aucun lien exceptionnel…. ils ne sont pas proches du tout. Aucune relation non plus avec mes deux sœurs…… vive la famille, hihihi
    bisous Ridée chérie

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    • Jo

      Je constate, en effet, que peu d’adultes gardent de vraies relations avec leurs frères et sœurs. Ces moments d’enfance partagés ne sont plus que des souvenirs. Nos filles ont retrouvé une vraie complicité, pourvu que ça dure.
      Je voulais te dire aussi que j’admire ta persévérance et ton travail sur ta chaine Youtube. Par contre, je n’ai pas trop le temps d’y aller. Souvent, je commence à t’écouter et je suis interrompue.
      Un de ces jours, je vais me faire une matinée complète pour rattraper mon retard car j’adore la façon dont tu abordes tes sujets.

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  8. gourse

    Et oui Jo on ne choisi pas on fait comme on peut, j’ai eu 1 frère et 1 soeur avec qui je m’entendais bien sans plus par contre tout les deux ils étaient inséparables?
    et à mon tour j’ai eu 3 enfants 2 filles et 1 garçon qui s’entendent assez bien malgrè la différence d’age.

    Bonne journée,
    bises

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    • Jo

      En regardant les commentaires, je constate que la famille idéale n’existe pas. Pourtant on en rêve, on voudrait tellement réussir l’osmose parfaite. Apparemment, c’est impossible
      Bon week-end, je suppose que ce sera un week-end Majuscule.

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  9. Beatrice

    Tiens , moi aussi je suis fille unique et j’avoue ne pas l’avoir vécu comme une chance, mais alors pas du tout (alors que j’entendais autour de moi « oh la chance! Tu as tous tes jouets/affection/vêtements/cadeaux pour toi toute seule! »)
    Aussi quand j’ai eu mes deux filles (d’ailleurs au départ je voulais 5 ou 6 enfants mais les réalités de l’existence m’ont vite rattrapée!) j’ai cru à cette fameuse « fraternité fusionnelle « à la vie à la mort », amitié indetructible …etc Et bien pas du tout ! Je n’ai d’ailleurs jamais rencontré deux personnes plus différentes l’une de l’autre et du coup chacune ses passions, son groupe d’ami(e)s, ses fringues, ses études (même le collège et le lycée, elles ne sont pas allées aux mêmes c’est dire!
    Les disputes se sont atténuées avec l’âge mais en même temps comme l’une vit à Londres et l’autre à Paris en attendant de filer pour le Japon …
    Bref la famille idéale c’est …. juste en photos!!!

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    • Jo

      5, 6 enfants ! Mais tu serais épuisée aujourd’hui. Deux, c’est déjà pas mal, en travaillant. En plus, quand les enfants sont différents, il faut faire l’arbitre sans arrêt.
      Fille unique, à la campagne, dans une ferme, ce n’était pas l’idéal, je m’ennuyais un peu. Heureusement, il y avait l’école et les petits parisiens qui venaient passer les vacances chez leurs grands-parents. Et à quoi bon regretter, on ne peut rien changer.

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  10. Daphné @ Be Frenchie

    Mes deux garçons ont 11 ans d’écart. souvent, ça interpelle et invariablement, la première question qui fuse est ; avec le même papa ? Ben oui. Je n’avais rien prévu mais j’ai adoré consacrer du temps à mon grand. Puis on a construit le cocon pour accueillir son petit frère. Leur différence d’âge fait qu’il n’y a aucune rivalité entre eux, seulement un héros d’un côté et une infinie tendresse de l’autre.

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    • Jo

      Effectivement, Daphné, 11 ans d’écart, on suppose qu’il y a un nouveau papa. C’est tellement le schéma traditionnel de se mettre en couple et d’avoir deux enfants assez rapprochés !
      Peut-être que ta solution est la bonne. C’est joli ce mot ‘cocon’ pour accueillir Virgile. A trop vouloir des enfants qui ont peu d’écart, on s’épuise sans doute et l’idée de les rapprocher les éloigne par le stress du quotidien qu’on leur propose. Euh, ma phrase est un peu complexe, j’espère que tu comprendras le sens ! En tout cas, bravo, on regarde grandir tes 2 garçons avec plaisir.

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  11. La baladine

    L’idéal auquel on veut souvent nous renvoyer n’est qu’une image d’Epinal qui sert surtout à masquer les angoisses de mal faire de tout un chacun.
    Alors que finalement, pourvu qu’il y ait de l’amour et de la bienveillance, tout se déroule à peu près bien.

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    • Jo

      Certes, mais le stress et la fatigue prennent souvent le pas sur les belles idées lues dans les livres de Dolto et Pernoud.
      C’est comme tous ces blogs de mamans parfaites, personne n’est dupe, ça n’existe pas.

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      • La Baladine

        Je ne suis pas sûre qu’on se soit comprises… Loin de moi justement l’idée de me conformer aux livres et grands préceptes tout cuits, personne n’est parfait, pas plus les parents que les enfants. Chacun se débrouille avec son vécu, ses moyens, ses espoirs. Alors souvent on angoisse, on se demande si on fait bien, si on n’est pas en train de rater un truc, de passer à côté de ci ou ça, et puis les enfants ne sont pas toujours tendres, mais au final, en dépit des couacs, des erreurs, pourvu qu’il y ait eu amour et bienveillance (j’insiste, ça me parait primordial, la bienveillance parentale), on s’aperçoit qu’on a pas tant « merdouillé » que ça. La preuve, tes filles se voient avec plaisir; leurs années de chamailleries ne sont sans doute pas du temps perdu, mais font partie de leur processus de construction. On m’a dit que ma fille serait malheureuse et peu sociable parce qu’elle était fille unique (malgré nous, puisque c’est la maladie qui nous a rattrapés) mais c’est une jeune fille équilibrée, autonome et sa vie sociale est très riche! Je crois qu’il n’y a pas de modèle, pas d’idéal qui tienne la route. On élève ses petits du mieux qu’on peut, et c’est quand ils sont grands qu’on sait si c’est réussi ou pas. Et quand c’est réussi, c’est vachement bien! 🙂

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        • Jo

          C’est vrai, c’est ce que je dis à ma fille : Pas grave si tu n’es pas la mère parfaite, ta fille non plus n’est pas parfaite !
          On fait comme on peut.
          Et on peut dire qu’on a réussi à les faire tenir debout et bien dans leur tête. Il y en a tellement qui sont mal dans leur peau dans ce monde violent !
          Moi, je ne leur ai pas appris grand chose, mais elles savent manier l’humour, comme leurs parents et quand ça va pas, on regarde la vie au deuxième degré, ça aide.

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        • miles

          MERCI POUR VOTRE COMMENTAIRE.
          Je vois ma fille (unique) prendre le chemin de la vôtre.
          Les idéaux nous minent et peuvent peser sur les parents comme les enfants. Il est important de s’en défaire.

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