Les arts de la table à la campagne

Dimanche dernier, dans un vide-greniers, j’ai vu des verres en pyrex. Ils ont réveillé en moi une mémoire oubliée, celle des dimanches à la campagne.

J’ai passé mon enfance dans une ferme, le plus souvent chez mes grands-parents. De temps en temps, le dimanche, les cousins de la ville venaient se ravitailler en œufs, légumes et volailles.

Ils arrivaient vers midi, sortaient de la DS un peu endimanchés, leurs vêtements tranchaient avec nos tenues bien plus simples.

Depuis leur mariage, rien n’avait changé dans la maison de mes grands parents . A cette époque, la décoration, l’amélioration de l’habitat, ne faisaient pas partie de leurs préoccupations. Ma grand-mère passait sa matinée aux fourneaux, elle avait une parfaite maîtrise des recettes transmises de générations en générations.

Rien de cérémonial, on s’installait dans la cuisine ou sous l’énorme tilleul, dans le jardin.

Pour commencer, un apéritif, dans un verre très ordinaire, un verre en pyrex. Puis, la soupe était servie dans une assiette creuse. Tout le monde prenait bien soin de l’essuyer avec du pain avant le plat suivant.

Soupe à la campagne

Et pour cause ! Chez mes grands-parents, la même assiette accompagnait tout le repas. Le pain servait d’éponge pour faire place nette entre les plats.

Au dessert, ma grand-mère servait souvent un gâteau de riz. Il était resté des heures au four et ressortait moelleux, crémeux, avec une croûte caramélisée. Magique !

Mais pas question d’assiette à dessert, de ramequin ou de bol. Non, on retournait l’assiette à soupe

Assiette retournée pour dessert

Autant vous dire que ce n’était pas très pratique mais personne n’osait changer le rituel.

C’était le minimalisme dans les arts de la table.

Parlons maintenant du verre en pyrex. Lui aussi accompagnait l’apéritif, le vin rouge du repas et le café. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Un jour, ma grand-mère décida d’apporter un peu d’élégance sur la table.

Elle avait craqué pour des mazagrans en porcelaine.

mazagran en porcelaine

Ils étaient laids, le dessin était grossier. On regrettait presque nos verres en pyrex mais ça lui faisait plaisir d’être un peu comme ‘les gens de la ville’.

 

 

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15 Commentaires

  1. Corine

    Ah oui l’assiette retournée, j’avais oublié !!!!

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    • Jo

      ça change de toutes ces assiettes, verrines, mini-cocottes que nous utilisons maintenant. Pour 4 personnes, on remplit un lave-vaisselle. Du temps des grands-parents, on allait au plus simple.

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  2. Daphné @ Be Frenchie

    Quand on ouvre les vaisseliers familiaux, on tombe parfois sur de sacrées surprises. J’ai hérité de pas mal de plats un peu kitschs de famille – du style chasseurs coursant des biches effrayées – que le cher et tendre n’envisage pas de virer.

    Du coup, je leur ai construit tout spécialement des placards bien hauts – quel dommage qu’on ne puisse y accéder facilement. Comme ta grand-mère, j’essaie de simplifie les objets du quotidien. J’ai les mêmes assiettes blanches depuis plus de 16 ans et ça me convient parfaitement.

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    • Jo

      J’avais une tante qui était fan de vaisselle style chasse, je vois très bien ce que tu veux dire avec des lièvres et des biches. C’est pas très tendance.
      Pour la vaisselle, je garde longtemps et un jour, comme ça, si Geneviève LETHU fait une promo, je change tout. C’est ce que j’ai fait il y a 2, 3 ans.

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      • Daphné @ Be Frenchie

        Elles sont bien rangées, aucun risque qu’on les abîme tu sais. Les archéologues du futur vont se régaler 😉 .

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  3. La baladine

    Ma mère m’a souvent raconté l’assiette retournée de son enfance pour le dessert! Du Pyrex, il y en avait partout sur la table quand j’étais môme, du Pyrex (ou Duralex, je ne suis pas sûre) couleur ambre, du verre aux assiettes! Wahou!
    Celà dit, ce qu’on y mangeait était tout aussi bon, tout comme le riz au lait de ta grand-mère!

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    • Jo

      Et la génération suivante a connu la vaisselle Arcopal, avec ses petites fleurs bleues. Je ne fais pas de riz au lait pour Mathilde, ma petite fille. Par contre, on dessine, on écrit, on raconte plein d’histoires. Quelque chose me dit que cette enfant aura de l’imagination, comme Mamie

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      • Visiteuse

        « Par contre, on dessine, on écrit, on raconte plein d’histoires. Quelque chose me dit que cette enfant aura de l’imagination, comme Mamie ».

        Et ça c’est cool! Très belle tansmission !
        Et tant pis pour le riz au lait, sinon à quoi cela aurait-il servi que les biscuits « Lu » se décarcassassent?
        Non mais!

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      • La baladine

        Les fameuses histoires… Tout passe par là… Mathilde est une chanceuse! 🙂

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  4. janachète

    J’adore conserver des pièces qui appartenaient aux grands mères. J’en ai chipé à ma mère mais maintenant ce sont mes filles qui les convoitent .
    C’est rigolo cette envie de retour aux sources .
    Bises et belle journée Jo !

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    • Jo

      Oui, mais tu as vu, ces mazagrans, c’est vraiment pas possible, ils sont trop moches. Bises

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  5. Visiteuse

    Du côté de ma mère (à l’étranger), pas de verres en pyrex mais des timbales en fer rouge avec des pois blancs, des assiettes en terre cuite et des cuillères en bois. Pour les champs, ils prenaient des coloquintes creusées pour puiser l’eau.
    Que c’est loin tout ça…
    L’enfance de ma mère ressemble un peu à celle de « la petite maison dans la prairie » avec des histoires de loups avec mon grand père dans la forêt, de tempête avec les chevaux qui s’emballaient sur le bac qui faisait la traversée et la faim aussi.
    Et quand la faim n’est jamais loin, c’est clair que les arts de la table sont incongrus.

    Bon ! vous avez appuyé là sur le bouton à souvenirs…

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    • Jo

      ça me rappelle mon grand-père qui ne supportait pas qu’on dise – J’ai faim ! Lui qui avait connu la guerre, prisonnier en Allemagne, il avait connu la faim, celle qui dure des semaines. Il nous disait toujours – Tu ne sais pas ce que c’est la faim, dis que tu as envie de manger. Alors, bien sûr, on est loin aussi des arts de la table.

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  6. Visiteuse

    Mais oui! Comme nous venons tous de la terre ou presque, nous avons les mêmes souvenirs !
    Il y avait aussi cette boîte en fer pour le sucre en morceaux.
    Merci pour la séquence souvenirs.

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    • Jo

      La boite à sucre et la boite à couture, indispensable. Elles sont en fer, ce sont d’anciennes boites à gâteaux.

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