Galimatias, Perlimpinpin, mots vintage.

 

Cette année, les dictionnaires ont bloqué leur impression jusqu’au 8 mai pour mettre le nom du nouveau Président. Sur ce support papier, les mises à jour se font une fois par an et en un an, il s’en passe des choses !

En vrac, quelques nouveaux mots :

Ubérisation, déradicalisation, gameur, spoiler, like, retweeter.

On trouve également, en gastronomie, des noms de spécialités régionales et des personnalités qui ont marqué l’année.

Dans ses discours de campagne,  notre Président a parlé de Galimatias, Poudre de Perlimpinpin, Saut de cabri, Logorrhée …

On a l’impression de repartir loin dans le temps, dans une pièce de Molière ou dans une maison de retraite un peu huppée.

La langue dépeint notre identité. Emmanuel Macron adore le théâtre, il y puise ses références. On ne peut pas lui en vouloir. Nous avons tendance à tout simplifier, à régresser, à utiliser toujours les mêmes termes.

Galimatias, c’est délicieusement désuet

On ne fait plus d’efforts. Même le Président des Etats-Unis s’exprime par tweet. Et quand il fait une faute de frappe, avec ce mot qui ne veut rien dire ‘Covfefe’  c’est le buzz.

Les mots sont des marqueurs de génération. Si je rencontre une personne qui dit :

  • Alors, ça boume ?
  • Belle lurette
  • On se fend la poire
  • On va au troquet

C’est certainement un quinqua ou plus. Mes enfants n’emploient pas ces mots. Eux, ils disent :

  • C’est que du bonheur
  • Je suis en mode …
  • Je dis ça, je dis rien

Les expressions se démodent. « Non, mais Allo quoi » a été décliné, rabâché, usé. C’est devenu un tic de langage tout comme LOL est devenu un tic d’écriture.

N’en déplaise aux grincheux, ce n’est pas cette institution poussiéreuse, l’Académie Française, qui valide les mots. C’est le langage de la rue qui s’impose au dictionnaire et non l’inverse.

Une langue est vivante, ça veut dire qu’elle évolue. A quoi bon faire de la résistance, les anglicismes se sont imposés et les rappeurs sont les nouveaux poètes.  Il ne faut pas sacraliser les mots, ils se démodent, c’est inévitable.

Mais d’autres mots arrivent, les poussent du coude et s’imposent. Ils sont inventifs, font écho à notre quotidien.

Modifier son langage, ce n’est pas le trahir, c’est s’adapter.

17 Commentaires

  1. Sylvie enfin moi

    C’est chouette que les expressions changent et évoluent.
    Bon je me forme avec mes enfants 😉
    Bisous Jo

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    • Jo

      Moi aussi, je me forme avec eux et leur groupe d’amis trentenaires qui ne manquent pas d’inventivité pour les expressions. Et nous avons les jolies expressions inventées par nos petits enfants. (pour toi, il est encore un peu petit, quelques mots, les phrases viendront vite. Bises

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  2. Daphné @ Be Frenchie

    Comme le reste de notre société, la langue connait aussi des chamboulements assez soudain – mais j’aime aussi ces expressions désuètes qui créent un décalage avec notre époque. Et après tout, il nous est difficile aujourd’hui de lire un texte du 17ème siècle sans qu’il ait été adapté au langage contemporain.

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    • Jo

      C’est vrai, il faut décoder les textes anciens. Mais il faut aussi décoder les textes administratifs. As-tu lu les documents des notaires ? On ne comprend rien.
      Et certaines circulaires administratives, on ne sait pas dans quel sens prendre les phrases !

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    • Visiteuse

      Oh oui ! Les textes en français anciens sont difficilement compréhensibles.
      Un jour, alors que je voulais rigoler avec ce truculent Rabelais, j’ai commencé « Gargantua »
      Il faut un temps d’adaptation pour trouver le sens de cette graphie bizarre, à la limite il faut lire à haute voix.
      Cependant, j’ai vite arrêté l’expérience.

      « Le bon homme Grandgousier, beuvant et se rigollant avecques les aultres, entendit le cry horrible que son filz avoit faict entrant en lumière de ce monde, quand il brasmoit, demandant: «A boyre! à boyre! à boyre!» Dont il dist : « Que grand tu as ! » (supple le gousier). Ce que ouyans, les assistans dirent que vrayement il debvoit avoir par ce le nom Gargantua, puisque telle avoir esté la première parolle de son pere à sa naissance, à l’imitation et exemple des anciens Hebreux. A quoy fut condescendu par icelluy, et pleut très bien à sa mere. Et, pour l’appaiser, luy donnerent à boyre à tyre larigot, et feut porté sus les fonts et là baptisé, comme est la coutume des bons christiens ».

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      • Jo

        Ah oui, c’est rude ! Marc Levy, c’est plus facile mais moins profond.

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  3. Sissi

    Oui « au jour d’aujourd’hui », « je pense quelque part » que c’est « topissime » d’être au courant des expressions qui ont cours « ou pas » afin de ne pas sembler plus vieux qu’il n’y paraît. Beaucoup soignent leur apparence mais se trahissent par leurs mots. Ma mère employait aussi une expression que je n’ai entendu qu’elle l’employer, c’est : « il(elle) ne se mouche pas avec les doigts de pieds ». Ce doit être très ancien je pense.
    Ton article me fait penser qu’il faut que je m’offre une nouveau dictionnaire. Le mien date des années 80 ! 1980 bien sûr ! ;-))) Et beaucoup de choses ont changé.

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    • Jo

      Chaque région a ses expressions … se moucher avec les doigts de pieds, il faut de la souplesse !
      Et un joli dictionnaire, oui, tu as raison, 1980, c’est le siècle dernier.

      Réponse
  4. Visiteuse

    La langue c’est la vie OUI-OUI…

    Vocabulaire de la rue certes, mais aussi technocratique, économique et technologique :
    On peut donc rajouter à votre liste les mots suivants : disruptif, phablette, infolettre, infobésité et ce mot cher aux journaleux, dégagisme.

    Les nouveaux mots sont forcément nécessaires à définir notre monde en mutation constante et si le temps ne peut s’arrêter, les mots ne peuvent davantage se figer.
    Nous ne pensons pas en dehors des mots. Comme nous ne prenons plus le temps de nous arrêter sur leur sens, de disséquer leurs contenus, d’analyser leurs usages, les mots prennent le pouvoir sur la pensée. N’oublions pas, n’en déplaise à certains (es) que la parole a inventé le mensonge et symétriquement la manipulation.

    Pour ma part, j’ai une affection particulière pour les mots à étymologie qui renvoie souvent à la mythologie…
    Souvenez-vous d’Epiméthée ce sombre idiot amoureux de cette sotte de Pandorra.
    Elle avait une boite de maux qui en fait ne contenait que des lettres formant des mots :
    Vieillesse, Maladie, Guerre, Famine, Misère, Folie , Mort, Vice, Tromperie, Passion, l’Orgueil ainsi que l’Espérance.

    Je ne suis pas spécialement féministe mais quand même ! Encore une fois on veut nous faire croire que c’est une femme qui a semé non pas un pommier mais la zizanie sur notre planète !

    Bon, Académie française est de genre féminin, mais cela nous fait-elle une belle jambe pour autant ?
    PIG (point d’interrogation générale)…

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    • Jo

      Je ne suis pas très douée en mythologie, merci de m’avoir présenté Pandorra et Epiméthée, ils ont toute leur place dans les Voici et autres magazines.
      La parole a également inventé la langue de bois, tellement utile de nos jours.

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  5. La baladine

    Oui, la langue est vivante, et c’est tant mieux! Les mots de l’air du temps, on les chope souvent sans même sans rendre compte. Mais j’adore, j’avoue, employer volontairement des mots et des expression dits désuets. Des bidules, des « saperlipopette », des « c’est un pur délice », des « diantre », des « punaise » et bien d’autres, c’est rond en bouche et j’adore la mine éberluée de mon interlocuteur (trice)! 😉

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    • La baladine

      rrraaah sans même s’EN rendre compte, m’enfin!

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    • Jo

      Ces mots, c’est comme une bijou, un accessoire sur une tenue, ça réveille l’ensemble.
      J’aime bien ceux qui manient l’argot avec talent, ça donne de belles expressions.

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  6. Janachète

    Il m’arrive d’employer des expressions désuètes mais je me moquais des expressions de ma maman .
    Alors oui je me mets aussi aux expressions nouvelles comme les jeun’s !
    Et je trouve ça normal tant que l’on écrit pas en messages sms .
    Bisous Jo !

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    • Jo

      Moi aussi, j’utilise les nouveaux mots, les expressions … Mais pas trop quand même. Parler le ‘jeun’s’, s’habiller comme une ado, des attitudes qui peuvent vite nous faire perdre notre crédibilité

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  7. matchingpoints

    Heureusement nous gardons une relative liberté pour les « valider » ou pas – mais il faut savoir les comprendre pour rester connecté !

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    • Jo

      Oui, on est vite ‘largué’. C’est comme en musique et au cinéma, il y a des acteurs et des chanteurs que je ne connais pas, mais c’est le problème des générations. Mathilde ne connait pas Aznavour et Michel Berger.

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