Mon cerveau me joue des tours.

Tout au long de notre vie, on accumule des croyances qui servent de guide à notre cerveau. On appelle ça l’expérience.

Notre cerveau est très attaché à notre façon de voir le monde. Cela renforce notre impression de sécurité.

On sait, par exemple, qu’il ne faut pas manger de champignons rouges et ne pas prendre les sens interdits.

Mais tout n’est pas si simple. Les neurosciences sont passées par là pour nous prouver que notre vision du monde n’est pas toujours objective. On le filtre à notre convenance et souvent, nos mécanismes cérébraux mènent à une appréciation erronée de la réalité.

J’en ai pris conscience depuis la naissance d’Arthur et Baptiste.

Maintenant, à chaque sortie, je repère les jumeaux. Mon cerveau est programmé pour zoomer sur eux. Je les observe et je me dis – Dans quelques années, nos petits-enfants seront comme eux !

Avant leur naissance, je ne regardais pas les jumeaux dans la foule. Je passais sans les voir … Et pourtant, ils étaient là.

On ne prend en considération que les informations qui vont dans notre sens. On oublie celles qui sont à côté et le pire, c’est qu’on en a pas conscience.

Dans cette même foule, il y a certainement des personnes chauves, d’autres avec des cheveux blancs. Mon cerveau s’en fiche. Moi aussi et je zappe ces indications.

Nous aimons les histoires cohérentes et on oublie vite les faits contradictoires.

Imaginons …

Votre belle-sœur vous tape sur les nerfs. Vous l’avez désignée la ‘Reine des Paresseuses’.

Et vous avez raison : A chaque réunion de famille, elle quitte la pièce au moment de faire la vaisselle ou la cuisine. Elle passe son temps le nez sur son portable.

Votre cerveau vous confirme qu’elle garde le titre de ‘Reine des Paresseuses’.

On appelle ça le biais de confirmation.

Chaque après-midi, votre belle-sœur joue avec les enfants, part faire des balades avec eux et leur raconte des histoires au moment de dormir.

Mais votre cerveau l’occulte. Il cherche des indices prouvant sa paresse et sa nonchalance.

Comme Saint Thomas, on croit ce que l’on voit.

Mais les neurosciences nous font prendre conscience, qu’en plus, on voit mal, on sélectionne mal, on filtre.

On veut se raconter des histoires qui nous conviennent et qui ne sont pas toujours la réalité.

On n’a pas encore percé les mystères de notre cerveau.

10 Commentaires

  1. Visiteuse

    Cela confirme combien les témoins oculaires dans des crimes et délits ne sont pas fiables.
    Les récits d’une même scène sont divergents.

    Quant aux sérieuses neurosciences, elles n’ont rien découvert de plus que Platon en son temps avec sa célèbre
    « Allégorie de la caverne », remise à l’honneur dans ce magistral film qu’est Matrix.

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    • Jo

      L’imagerie cérébrale permet de voir le cerveau ‘en action’. La cartographie sera différente si une personne a peur, est triste ou explose de joie.
      On peut la modifier avec la méditation, par exemple. Le cliché aura changé après quelques mois de pratique.
      Le biais de confirmation est un véritable piège et devient une prison pour certains qui restent enfermés dans leurs certitudes.
      Mais il ne faut pas en faire une obsession. Il se peut aussi que la belle-sœur prise en exemple dans le billet, soit une vraie ‘feignasse’.
      A nous de doser et d’adapter nos émotions.

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  2. corinne

    Je ne connaissais pas ces méandres de notre cerveau. Mais tu as raison, je vais y penser maintenant dans des actes quotidiens ! Bonne soirée

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    • Jo

      J’aime beaucoup repérer comment fonctionne mon cerveau. C’est amusant, parfois.
      Une anecdote. En février, j’ai changé de voiture. Sur la route, je repère immédiatement les voitures identiques à la mienne. Je ne sais pas pourquoi, ça ne sert à rien. Mais je ne peux pas lutter. Et je suppose que tout le monde fait pareil.
      Notre cerveau est étrange.

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  3. Solange

    Bien vrai moi je ne vois que des personnes avec des mains ou bras cassé, c’est grave Docteur?
    Bises Jo

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    • Jo

      Non, c’est normal. C’est ton biais de confirmation qui te dis – Tu vois, tu n’es pas la seule dans cette galère !
      Ton cerveau est gentil, il veut te rassurer.
      Bon week end.

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  4. Janachète

    Mais tu as raison Jo .
    On a tendance à occulter ce qui nous dérange ou ne nous intéresse pas.
    Et on en a même pas conscience.
    Je crois que l’on ne voit que ce que l’on veut voir .
    Tu as toujours de bonnes réflexions.
    Merci et bonne soirée !

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    • Jo

      Donc, on ne peut pas se fier à notre cerveau. Il nous reste des réflexes de notre ancêtre Cro Magnon. Nous adorons les réseaux sociaux pour faire partie d’un groupe. Du temps de Cro Magnon, faire partie d’un groupe, c’était une question de survie. En sortant de la grotte, l’homme était fragile. Seul, ses chances de survie étaient nulles.
      A voir l’addiction de certains, on n’a pas beaucoup évolué. Pour certains, avoir moins de ‘like’ ou de vues sur internet, c’est aussi une forme de rejet et cette ‘mort médiatique’ les rend aussi fragile que notre ancêtre seul au milieu des bêtes sauvages.

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  5. matchingpoints

    Nous aimons bien la vison qui nous arrange, nous ne sommes pas bien objectives … nous avons mis l’adjectif au féminin, les hommes réagissent-ils de la même façon ?

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    • Jo

      La cartographie du cerveau montre que les hommes et les femmes sont égaux, ils se racontent des histoires qui ne sont pas la réalité.
      Imaginons un couple en balade à la campagne. La femme peut très bien être émerveillée par le paysage, les couleurs. L’homme, lui, verra un paquet de cigarettes dans un fossé, un sac plastique, quelques ordures par ci, par là.
      En rentrant, Madame dira – C’était magnifique ! et Monsieur dira – La campagne est devenue une poubelle !
      Une même expérience, deux visions du monde.

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