Récolté et emballé à la ferme.

 

Quand nos amis passent nous voir, en rentrant de vacances, ils ont dans leurs bagages quelques produits achetés dans la région visitée, fabriqués et emballés à la ferme.

Au mois d’août, nous avons dégusté des saucissons et fromages corses. En deux ou trois soirées, à l’apéritif, nous avons tout mangé. Ces produits sont-ils d’authentiques produits du terroir ? Rien n’est moins sûr !

Il suffit d’une tête de Maure pour corsifier n’importe quel produit

Chacun le sait, la production locale authentifiée capte à peine 10 % du marché. La Corse ne peut pas produire tout ce qu’elle vend. Dans leurs charcuteries, on trouve principalement du cochon de Bretagne.

Mais, nous, touristes, avons besoin de croire au fait-maison, au récolté et emballé à la ferme. Pour un fromage, on imagine son histoire : le lait, le fromage, le savoir faire du fermier et la vente sur le marché.

 

Depuis longtemps, les industriels font semblant de mettre en rayon du fait-maison. Belle des Champs court dans les prés avec de bons fromages dans son panier. On peut citer Captain Iglo, Mamie Nova, Papy Brossard, le Géant vert, le Prince de Lu et l’ami Ricoré  qui veut nous vendre cette poudre infâme pour notre petit déjeuner.

Papy, Mamie, ils font un peu partie de notre famille. Ils ont été inventés de toutes pièces pour mieux nous berner. On se laisse bercer par ces récits fantasmés, ces décors rassurants.

On rêve, on image des champs et on respire un grand bol d’air frais

On oublie que les gâteaux sont trop sucrés, trop gras, avec colorants, épaississants, arômes artificiels et conservateurs.

On veut nous faire croire à une culture culinaire qui vient de la paysannerie.

On refuse la réalité, l’escalade de la malbouffe : nourriture en batterie, aliments broyés, reconstitués, emmitouflés sous blister. Pour vendre, il suffit d’une jolie boite, d’un décor qui nous parle terroir, d’une illusion de marinade et de cuisson lente. On ne veut rien savoir du corps de l’animal, il n’est plus représenté sur l’emballage. C’est une façon d’oublier son parcours dans le  long couloir qui mène à l’abattoir.

On ne cuisine plus, on réchauffe. C’est plus simple.

Dans les restaurants, on cède aussi à la facilité, aux desserts industriels, aux produits à bas prix. Pour exister, il faut payer le personnel, le loyer !

Je n’aime pas quand le chef se déguise en artiste, qu’il ajoute trois herbes et des légumes inutiles pour cacher la médiocrité et qu’il peinturlure le bord de l’assiette d’un peu de vinaigre balsamique … vu et revu !

Les chefs paradent  également dans les émissions culinaires, ils ont quitté leurs fourneaux. On va dans leurs restaurants pour leur nom, pour cette visibilité acquise dans les médias.

C’est une imposture, on le sait bien. Mais on en redemande.

 

16 Commentaires

  1. La Baladine

    Depuis longtemps, je me tiens à ce principe: plus la liste des ingrédients est longue, plus le produit est suspect. Dans un jus de fruit, il ne doit y avoir que du fruit; dans du chocolat, du cacao, du beurre de cacao et du sucre (pas trop), voire du lait; dans une pâte feuilletée, de la farine, du beurre, de l’eau, du sel; dans la confiture, du fruit, et du sucre, un peu de pectine; dans le café, ben, du café, etc. Et quant aux restos, je bannis les cartes à rallonge (pas plus de 4 plats au choix). Et je me méfie du sucre surabondant… Voilà…

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    • Jo

      Ce n’est que du bon sens, mais le bon sens on l’a perdu, dans beaucoup de domaines.

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  2. Janachète

    On a bien conscience de ça maintenant.
    D’ailleurs déjà je suis en vacances en Corse et je peux te dire que l’on a pas fait beaucoup de restau .
    Quand aux produits on en ramène plus.
    C’est dommage mais hélas trop de consommation et peu de production du pays .
    Bises Jo !

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    • Jo Ridee rieuse

      J’ai vu vos photos. En Corse, il y a tellement de belles choses à voir. On peut faire provision de soleil, ciel bleu et belles plages. Et tant pis, on laisse des saucissons et autres souvenirs qui viennent de Chine.

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  3. manoudanslaforet

    Comme je suis d’accord…je rentre d’un mois dans mon sud où je me suis gavée de tomates du jardin, de vrais fruits…le retour est plus que déprimant…pas facile dans grande ville de se nourrir sainement…

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    • Jo Ridee rieuse

      Les tomates du jardin, quel bonheur en effet ! Mes parents etaient paysans et j’ai vu la transformation de leur travail. Mon père a pris la ferme de son père et la notion de rentabilité est arrivée . Toujours plus d’engrais, de materiel perfectionné.
      Pour survivre, il suivait les consignes de la Chambre d agriculture. Sa petite ferme, en 30 ans, est devenue une ‘usine’. Heureusement, l’agriculture, à defaut d’être bio, redevient raisonnée dans la plupart des fermes.
      .

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  4. Martin

    C’est tellement vrai !!! J’ai la chance d’habiter à la campagne. Notre voisin nous fournit des légumes sans pesticides) tomates , courgettes , haricots verts , concombre )… en échange de l’eau de notre puits mais surtout parce qu’il aimé ça. Mon Mari , fait le magret séché, le foie gras .. bref , nous mangeons relativement sainement . Mais , le comble c’est que ça coûte plus cher aux gens d’acheter ne serait ce que des produits frais plutôt que d’acheter des paquets de brioches industrielles , ou des plats cuisinés.. Il y a donc déjà une différence par les revenus et ça aussi c’est grave !! Bises Tania

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    • Jo

      C’est vrai. On peut acheter dans les grandes surfaces des paquets de 10 croissants pour le prix de 2 en boulangerie. ils n’ont aucun goût, je préfère du pain beurré, c’est bien meilleur.
      On trouve également des promos de saucissons, 3 pour 10 euros. A ce prix, on mange du gras.
      Rien n’est meilleur que les tomates du jardin. Nous aimons les plats simples, peu d’ingrédients mais de la qualité, si possible.
      Pour deux personnes, c’est facile. Pour toute une tribu, c’est plus compliqué.
      Quand nos filles étaient à la maison avec leurs amis, nous avons vite abandonné l’idée de la soirée pizza qui coûtait la valeur de 2 jours de travail. On leur proposait des spaghettis ou des omelettes. Les enfants voulaient juste être ensemble, pas faire un festin.

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  5. Solange

    Je suis bien d’accord avec toi, on se fiche de nous, j’essaye un max d’acheter local et de faire maison mais bon!!!
    Bonne journée,
    bisous

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    • Jo

      Moi aussi, mais j’ajoute également le ‘mais bon’ . J’avoue, mon ami Picard rend bien des services pour éviter la corvée d’épluchage des légumes. Et les légumes Picard, on ne sait pas trop d’où ils viennent. Mais bon …

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  6. matchingpoints

    C’est un coup de gueule tout à fait légitime et on pourrait rallonger la liste avec comme exemple les chocolats Kinder, « tellement riche en lait et tellement bons pour les enfants »… !
    Pourtant, nous le savons, nous sommes tous avertis par les média. Est-ce une flemme intellectuel ?
    Espérons que les générations suivantes seront plus vigilantes…

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    • Jo

      Jean Pierre Coffe nous le disait bien. C’est de la m…… ! Et à côté, on avait cette petite chanson ‘Les produits laitiers sont nos amis pour la vie’ Et voilà qu’on nous annonce qu’il faut éviter le lait, qu’on ne le digère pas.
      Nous sommes déboussolés, on nous dit tout et son contraire.
      c’est une flemme intellectuelle, comme vous dîtes. On peut lire un article dénonçant la malbouffe, tourner la page et saliver devant une pub de glace.
      Je pense que les générations suivantes seront plus vigilantes. Notre fille qui attend un bébé fait très attention à son alimentation, à ses produits de maquillage, d’hygiène. Sans tomber dans une psychose, ouvrons les yeux.

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  7. Sissi

    Mon ancien patron disait très justement que lorsque sur la carte d’un restaurant, il est proposé la soupe du chef, on ne savait pas s’il s’agissait vraiment de celle du chef du restaurant ou de celui de chez Royco. Et maintenant même les pâtissiers s’y mettent. Ils vendent des pâtisseries fabriquées industriellement et congelées qu’ils se content de décongeler, et ils les vendent le même prix que du fait maison. Et le mieux de l’histoire c’est que des journalistes s’étaient rendu compte que la pâtisserie la plus réputée de Paris , considérée comme la meilleure (je ne sais pas de laquelle il s’agit puisque je préfère toujours faire travailler les petits commerçants de mon quartier) se faisaient livrer des pâtisseries surgelées très tôt le matin et mettaient tous les cartons à la poubelle juste avant le passage des poubelles très tôt aussi ni vu ni connu.

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    • Jo

      Je connais bien ces professions, boulanger, pâtissier. Petite astuce : il est préférable d’acheter ses viennoiseries et desserts chez un pâtissier. En principe, tout sera fait maison par l’équipe de professionnels dans le labo.
      Chez un boulanger-pâtissier, le professionnel c’est celui qui fait le pain et comme il a une demande fluctuante sur la semaine, il est tenté par le surgelé pour les desserts. Il est plus facile d’approvisionner une vitrine au fur et à mesure en sortant les gâteaux du congélateur.
      J’avoue avoir goûté des croissants surgelés en pensant qu’ils étaient fait maison. Dans le ‘haut de gamme’, on trouve de très bonne qualité.
      On déplore quand même le manque de transparence.

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  8. Daphné @ Be Frenchie

    Quoi, Captain Igloo ne pêche pas son cabillaud pipe en bouche ?

    Jo, c’est pas bien de briser les rêves tu sais. J’adore aussi la pub Nutella du bon petit déjeuner équilibré. Mon petit gars commence à déchiffrer les pubs dans la rue, c’est fascinant et effrayant.

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    • Jo

      Effrayant, je ne crois pas. Virgile a déjà, sans doute, le recul nécessaire pour comprendre que dans les pubs tout est merveilleux.
      Mathilde a un an de plus et elle manie déjà très bien le deuxième degré. marque de fabrique de notre famille.
      Chez nous, si tu restes au premier degré, tu ne comprends rien de nos conversations.
      Je tolère assez bien les héros de pub, ils font partie de notre histoire . Sauf l’ami Ricoré, lui, j’ai envie de lui mettre des claques.

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